Comment sont faits les tunnels ?

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Les tunnels sous-marins sédifient selon deux méthodes principales. Le creusement par tunnelier, utilisant des segments de revêtement pour créer une structure stable, convient aux grandes profondeurs. Lautre technique consiste à immerger des tubes préfabriqués, formant ainsi le tunnel.

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L’ingénierie souterraine : Secrets de fabrication des tunnels

La construction d’un tunnel, qu’il traverse une montagne ou se faufile sous l’océan, est un exploit d’ingénierie impressionnant, une symphonie de précision et de puissance brute. Si l’image qui vient à l’esprit est celle d’une simple excavation, la réalité est bien plus complexe et diversifiée, dépendant crucialement du terrain traversé et de la longueur du projet. Loin de se résumer à une simple tranchée, la fabrication d’un tunnel implique une planification minutieuse, des technologies de pointe et une gestion rigoureuse des risques.

Pour les tunnels terrestres, les techniques varient en fonction de la nature du sol. Dans les terrains rocheux, le recours au foreuse à percussion et rotation est fréquent. Cette machine géante, véritable dent mécanique, creuse la roche par percussion et rotation, laissant derrière elle une cavité progressivement élargie. Le maintien de la structure nécessite une consolidation permanente des parois par des injections de béton ou la mise en place de boulons d’ancrage. Dans les terrains plus meubles, comme les sols argileux ou sableux, des techniques de creusement et soutènement sont privilégiées. Il s’agit d’excaver progressivement le tunnel, en consolidant simultanément les parois par des structures temporaires (étais, voiles) avant la mise en place d’une structure définitive en béton. Cette approche est plus lente et exige une surveillance constante de la stabilité du sol.

Cependant, la construction de tunnels sous-marins représente un défi technique d’une toute autre envergure. Ici, deux méthodes dominent :

1. Le creusement par tunnelier (Tunnel Boring Machine ou TBM) : Cette technique, adaptée aux grandes profondeurs et aux terrains relativement stables, utilise une machine géante qui creuse le tunnel et insère simultanément des segments de revêtement en béton armé. Ces anneaux, imbriqués avec une précision extrême, constituent la structure permanente du tunnel. La TBM se déplace progressivement, laissant derrière elle un tunnel sécurisé et étanche. Ce procédé, bien que coûteux, permet une grande rapidité d’exécution et une sécurité accrue pour les travailleurs. La conception de la TBM est adaptée au type de sol rencontré, différentes têtes de coupe existant pour les roches ou les sols plus mous.

2. L’immersion de tubes préfabriqués : Cette méthode, plus appropriée aux faibles profondeurs et aux fonds marins stables, consiste à construire des sections de tunnel en usine, puis à les immerger et à les connecter sur le fond marin. Ces éléments préfabriqués, souvent en béton armé, sont conçus avec une grande précision pour garantir une étanchéité parfaite. Cette technique est plus lente que le creusement par TBM, mais elle est souvent privilégiée pour des raisons de coût ou dans des environnements où l’utilisation d’une TBM est difficile.

Quel que soit le type de tunnel, la sécurité et la surveillance sont primordiales. Des systèmes de surveillance sophistiqués, incluant des capteurs et des analyses géotechniques permanentes, permettent de détecter d’éventuels problèmes et d’intervenir rapidement. La construction d’un tunnel est donc une entreprise complexe, nécessitant une expertise technique pointue, une coordination rigoureuse et une innovation constante. Elle représente un témoignage de la capacité humaine à dompter la nature et à relier des espaces autrefois inaccessibles.